Participation à l’émission Moteur de recherche. Bianca Abbandonato et Audrey-Anne Bourget (stagiaire, étudiante au Collège Montmorency) discutent de la recherche au collégial et de leur projet de recherche sur les émotions en contexte scolaire.
Bianca Abbandonato mène des recherches interdisciplinaires sur les liens entre émotions, croyances et apprentissage. Après une présentation de ses travaux à Göteborg en Suède, elle en discutera à l’émission Moteur de recherche. Elle offrira plusieurs conférences au printemps 2026.
Enseignante au Département de mathématiques, Bianca Abbandonato, titulaire d’une maîtrise en éducation, poursuit ses travaux de recherche interdisciplinaires à la croisée de l’éducation, de la psychologie et des neurosciences. Elle étudie les liens entre émotions et apprentissage, ainsi que le rôle des croyances dans l’engagement et la réussite des personnes étudiantes. Après avoir été invitée l’été dernier à présenter ses résultats de recherche à Göteborg, en Suède, elle abordera ce sujet le 12 mars prochain dans le cadre du segment consacré à la recherche au collégial de l’émission de radio Moteur de recherche. Elle sera accompagnée de sa stagiaire Audrey-Anne Bourget, étudiante du Collège. Les membres de la communauté collégiale pourront également assister à la conférence qu’elle offrira le 7 avril, une journée de rattrapage, dans le cadre des formations du BRIP (détails et inscription ici). Elle présentera aussi ses travaux au 13e Colloque international en éducation, en mai à Montréal, ainsi qu’au colloque de l’AQPC le 3 juin prochain.
Acte de conférence, Human Computer Interaction International 2025, Göteborg, Suède
Abstract
Previous research has shown that some emotions can promote learning while others can hinder it [1]. Emotions are transitory and related to an object. Thus, the measurement of emotions in real time, and in relation to specific learning contents as a learning activity unfolds, is as difficult as it is crucial. Indeed, the relation between emotions and certain specific learning subjects remains to be explored and could contribute to the effectiveness of learning methods, particularly with respect to technologies for learning. The objective of this study is to determine if a relation exists between emotions and learning of physics mechanics during a play session of Mecanika, a Serious Game. Emotions and learning are integrated conceptually through a prediction-action model [2, 3] that shows how bottom-up influences (bodily signals) and top-down influences (performance and conceptual change) relate to emotions. The results of the multilevel analysis show that there is a relationship between affectivity and learning with average affective intensity being higher in participants who demonstrate correct scientific knowledge throughout the game. Contrary to expected results, the analyses indicate that emotions related to high arousal and negative valence do not impair learning or conservation of scientific knowledge in the context of a serious game. These observations align with previous studies showing that negative high arousal emotions do not necessarily interfere with the learning process [4]. This research allowed a sharp look at the moment-by-moment relationship between emotions and learning. The development of online measures of emotions based on multimodal data could be integrated into computer tools for external management of emotions and affective self-regulation contingent on current states of the user to foster learning and performance.
Lien vers son mémoire de maîtrise
RÉSUMÉ
Contrairement aux recherches effectuées sur les émotions en contexte scolaire en lien avec la performance, les études concernant l’impact des émotions sur le processus d’apprentissage sont peu nombreuses. En utilisant un cadre théorique interdisciplinaire réunissant les sciences de l’éducation, la psychologie et les neurosciences éducationnelles, ce mémoire présente les résultats d’une étude dont la l’objectif principal est de déterminer si une relation existe entre l’affectivité et l’apprentissage avec Mécanika, un jeu sérieux en physique mécanique. Au total, les données secondaires de 74 étudiants en sciences humaines ayant peu de connaissance en physique mécanique sont retenues pour l’étude de leurs signaux d’activation psychophysiologique et de valence émotionnelle enregistrés lors d’une séance de jeu de deux heures. Les participants sont invités à manipuler les différentes forces (centripète, vent, gravité, etc.) puis à les combiner afin d’apprendre à déplacer un objet du point A au point B. Ils doivent choisir les bonnes forces à appliquer sur l’objet, leurs sources et leurs positions appropriées, afin d’accéder au niveau suivant. Les données recueillies par conductance électrodermale et par électroencéphalographie sont transformées en vecteur de l’affect circonscrit dans le modèle circomplexe des émotions représentant les différentes combinaisons d’activation et de la valence. L’intensité moyenne des vecteurs de l’affect est ensuite étudiée par quadrant du modèle circomplexe en fonction de l’apprentissage défini par le changement conceptuel. Celui-ci est évalué par la comparaison des réponses au pré-test et au post-test du questionnaire The Force Concept Inventory (FCI) (Hestenes et al.,1992) qui permet d’évaluer les connaissances scientifiques en physique mécanique. Les résultats montrent qu’il existe une relation entre l’affectivité et l’apprentissage dans Mécanika et que le maintien du changement conceptuel influence de façon significative les variations de l’affectivité. Ces observations semblent indiquer que les émotions d’activation élevée et de valence négative ne nuisent pas au maintien des connaissances scientifiques dans le cadre d’un jeu sérieux. L’étude de la résilience des participants face aux émotions négatives de forte activation lors d’activité d’apprentissage ainsi que l’analyse de l’affect des participants au moment où ils remplissent le questionnaire du FCI sont proposées afin de poursuivre le développement des connaissances sur la relation entre l’affectivité et l’apprentissage au moyen de mesures psychophysiologiques.